Un bâtiment de Genopole, à Evry, abritera bientôt le plus grand centre mondial de production de médicaments pour la thérapie génique.
Objectif: parvenir à soigner les maladies génétiques.
EVRY
Alors; que le Tèléthon se déroutera les 3 et 4 décembre, l'Association française contre les myopathies (AFM) compte plus que jamais sur les dons pour faire avancer la recherche et les traitements des maladies rares. De l'argent qui servira, entre autres, à lancer le Généthon Bioprod. Ce laboratoire, qui sera inauguré en mai prochain, deviendra le plus grand centre mondial de production de médicaments de thérapie génique.
De un à trois nouveaux essais cliniques effectués chaque année
Installé à Evry, au cœur de Génopole, le bâtiment de 5 000 m2 est en cours de construction il devrait accueillir une soixantaine d'ingénieurs et de techniciens spécialisés en bio production. Un investissement de 28 Me, qui représente un formidable espoir pour ceux qui sourirent de maladies génétiques rares.
Ce centre ultramoderne disposera d'un matériel dernier cri, dans des laboratoires confinés dont l'air contiendra 500000 fois moins de particules que l'air ambiant. Il permettra de produire une vingtaine de lots de médicaments par an, de quoi effectuer d'un à trois nouveaux essais cliniques chaque année, chacun d'entre eux coûtant plusieurs millions d'euros.
Car la création de ces médicaments du futur prend énormément de temps. C'est la mutation d'un gène qui entraîne une maladie génétique.
La thérapie génique consiste à remplacer le gène malade par un sain. Et pour faire rentrer ce dernier dans l'organisme, il faut utiliser un « vecteur », un virus « désarmé », c'est-à-dire modifié pour qu'il devienne inoffensif « Le principe est simple, mais la mise en œuvre est très compliquée, souligne Frédéric Revah, le directeur général de Généthon.
Le Généthon Bioprod est l'aboutissement de vingt ans de recherche. Nous avons déjà des exemples de réussite, comme le traitement des bébés-bulle, atteints de déficits immunitaires graves : deux enfants actuellement traités avec succès pour une maladie du cerveau, l’adrénoleucodystrophie, et un autre patient soigné pour une maladie du sang, la bêta-thalassémie.
Ce nouveau centre va nous permettre de multiplier ces essais cliniques » Une nécessité quand on sait qu'il existe près de 7 000 maladies rares et trois millions de personnes touchées, rien qu'en France.
Sébastien Morelli