Découverte d’un nouveau gène dont les mutations sont associées à la mala

Lundi 31 Octobre 2011

Découverte d’un nouveau gène dont les mutations sont associées à la maladie de Parkinson

Des recherches menées conjointement par l’équipe d’Alain Destée et Marie Christine Chartier-Harlin, au sein de l’Unité Mixte de Recherche Inserm 837 « Centre de recherche Jean Pierre Aubert » (Inserm / Université Lille 2 Droit et Santé/ CHRU) en collaboration avec des chercheurs canadiens ont permis d’identifier une mutation génétique qui est liée à l’apparition d’une forme familiale de la maladie de Parkinson transmise selon le mode autosomique dominant.
Les détails de ces travaux sont publiés dans The American Journal of Human Genetics.

La maladie de Parkinson est la seconde maladie neurodégénérative, après la maladie d'Alzheimer. Les experts estiment que plus de 120 000 Français en sont atteints, près de 10% d’entre eux y étant génétiquement prédisposés. Les symptômes typiques sont un tremblement, une hypokinésie (une diminution des mouvements corporels), et une raideur. La maladie touche plus les hommes que les femmes et sa prévalence augmente avec l'âge.

Dans ce travail, les chercheurs ont tout d’abord montré au sein d’une famille que des marqueurs génétiques d’une région spécifique du chromosome 3 sont transmis en même temps que la maladie sur plusieurs générations, définissant ainsi une liaison génétique. Le séquençage des gènes de cette région a révélé une mutation qui est transmise avec la maladie, mais n’a pas été retrouvée chez plus de 3000 personnes en bonne santé. Par contre, cette mutation ainsi que d’autres (p.A502V, p.G686C, p.S1164R, p.R1197W) ont été retrouvées chez des patients parkinsoniens ayant une histoire familiale comme chez des malades présentant une maladie à corps de Lewy, et ce dans différentes régions du monde (Italie, Irlande, Pologne, Tunisie, Canada, Etats-Unis). La mutation identifiée par les chercheurs de l’Inserm, du CHRU de Lille et de l’Université Lille 2 entraîne un changement du facteur eIF4G1 (eukaryotic translation initiation factor 4-gamma) responsable de l’initiation de la traduction.

Bien que ces mutations du gène EIF4G1 soient rares, leur découverte est importante, car elle implique pour la première fois, le système d’initiation de traduction des ARN en protéines dans le développement d’un syndrome parkinsonien et pourrait aider à relier les formes héréditaires de la maladie et celles induites par des facteurs environnementaux voire peut être par des virus, dans une voie métabolique convergente.

« Grâce à cette découverte, les chercheurs pourront mieux analyser les voies métaboliques de la maladie de Parkinson au niveau moléculaire et ainsi mieux comprendre cette maladie. De plus, cette découverte apporte de nouveaux outils aux chercheurs. Ils pourront développer de nouveaux modèles et tester de potentielles thérapies ayant pour but de ralentir, voire arrêter cette maladie » explique Marie-Christine Chartier-Harlin qui a conduit les recherches à l’Inserm.

Vous êtes concernés au sein de votre famille par la maladie de Parkinson ?

Les familles qui présentent plusieurs membres atteints constituent une opportunité importante et rare pour l'identification de ces prédispositions génétiques à la maladie de Parkinson. Si vous désirez participer à ce type de recherche, vous pouvez contacter mme Séverine Bleuse du service de Neurologie et de Pathologie du Mouvement du Pr Destée, Hôpital R Salengro, CHRU, 59037 Lille cedex, France, Tel standard : 03 20 44 59 62, puis demander le TSI : 31 265

Source :
Translation initiator EIF4G1 mutations in familial Parkinson’s disease
Marie-Christine Chartier-Harlin PhD1,2É≥, Justus C. Dachsel PhD3É≥, Carles Vilariño-Güell PhD4É≥, Sarah J. Lincoln BSc3, Frédéric Leprêtre PhD1,2, Mary M. Hulihan MPH3, Jennifer Kachergus BSc3, Austen J Milnerwood PhD4, Lucia Tapia PhD4, Mee-Sook Song PhD4, Emilie Le Rhun MD5, Eugénie Mutez MD1,2,5, Lydie Larvor PhD1,2, Aurélie Duflot BSc1,2, Christel Vanbesien-Mailliot PhD1,2,6, Alexandre Kreisler MD PhD1,2,5, Owen A. Ross PhD3, Kenya Nishioka MD PhD3, Alexandra I. Soto-Ortolaza BSc3, Stephanie A. Cobb BA3, Heather L. Melrose PhD3,Bahareh Behrouz PhD3, Brett H. Keeling BA3, Justin A. Bacon BSc3, Emna Hentati MD3,Lindsey Williams BSc3, Akiko Yanagiya PhD7, Nahum Sonenberg PhD7, Paul J. Lockhart PhD8,Abba C. Zubair MD PhD9, Ryan J. Uitti MD3, Jan O. Aasly MD PhD10, Anna Krygowska-WajsMD11, Grzegorz Opala MD PhD12, Zbigniew K. Wszolek MD3, Roberta Frigerio MD13,Demetrius M. Maraganore MD13, David Gosal MD14, Tim Lynch FRCPI14,15, Michael Hutchinson FRCPI16, Anna Rita Bentivoglio MD PhD17, Enza Maria Valente MD PhD18,William C. Nichols PhD19, Nathan Pankratz PhD20, Tatiana Foroud PhD20, Rachel A. Gibson PhD21, Faycal Hentati MD22, Dennis W. Dickson MD3, Alain Destée MD1,2,5 ‡ and Matthew J. Farrer PhD3,4‡ *

É≥ ‡These authors contributed equally
1 Univ Lille Nord de France, F-59000 Lille, France
2 Inserm UMR837, IRCL, Place de Verdun - 59045 Lille Cedex, IFR114 IMPRT F-59000 Lille, France
3 Departments of Neurology and Neuroscience, Mayo Clinic, Jacksonville, FL32224, USA
4 Department of Medical Genetics, University of British Columbia, Vancouver, British Columbia V6T 2B5, Canada
5 CHRU, Department of Neurology and Movement Disorders, F-59000 Lille, France
6 USTL, Department of Neurosciences, Villeneuve d’Ascq, F-59655 France
7 Department of Biochemistry and Goodman Cancer Research Centre, McGill University, Montreal, Quebec H3A 3R1, Canada
8 Bruce Lefroy Centre for Genetic Health Research, Murdoch Childrens Research Institute, Parkville, Victoria 3052, Australia
9 Department of Laboratory Medicine & Pathology, Mayo Clinic, Jacksonville, FL32224, USA
10 Department of Neurology, St. Olav’s Hospital, Trondheim N-7006, Norway
11 Department of Neurology, Collegium Medicum, Jagiellonian University, Krakow 31-358, Poland
12 Department of Neurology, Aging, Degenerative and Cerebrovascular Disorders, Medical University of Silesia, Katowice 40-055, Poland
13 Department of Neurology, Mayo Clinic, Rochester, MN 55909, USA
14 Dublin Neurological Institute at the Mater Misericordiae University Hospital, Dublin 7, Ireland
15 Conway Institute of Biomolecular & Biomedical Research, University College Dublin, Dublin 4, Ireland
16 Department of Neurology, St Vincent's University Hospital, Dublin 4, Ireland
17 Institute of Neurology, Catholic University, Rome 00168, Italy
18 Mendel Laboratory, IRCCS Casa Sollievo della Sofferenza, San Giovanni Rotondo, 71013 Italy and Dept. of Medical and Surgical Pediatric Sciences, University of Messina, Messina, 98124 Italy
19 Division of Human Genetics, Cincinnati Children's Hospital Medical Center, Cincinnati, OH 45229, USA
20 Department of Medical and Molecular Genetics, Indiana University School of Medicine, Indianapolis, IN 46202, USA
21 GlaxoSmithKline Pharmaceuticals, Research and Development, Harlow, Greenford, Hammersmith CM19 5AW, UK
22 Service de Neurologie, Institut National de Neurologie, 1007 La Rabta, Tunis, Tunisia.
The American Journal of Human Genetics 2011 Sep 9; 89(3):398-406


Contacts chercheurs :
Marie-Christine Chartier-Harlin et Alain Destée
Unité Inserm 837 « Centre de recherche Jean Pierre Aubert »
Evénements moléculaires associés aux stades précoces de la maladie de Parkinson
Email : marie-christine.chartier-harlin@inserm.fr ; adestee@chru-lille.fr
 
Source : La Gazette du Laboratoire

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